Les intérêts des loisirs pour les personnes avec autisme
Les loisirs au sens large, c’est-à-dire ceux incluant le jeu, le sport et la culture, sont incontestablement indispensables au développement individuel mais aussi à la qualité de vie sociale des personnes. Quel qu’en soit le support, développer leur pratique, hors du temps contraint, répond à ces deux enjeux de taille pour une vie citoyenne pleine et entière. Les loisirs représentent un des supports privilégiés du développement physique et psychologique et ils répondent à un besoin essentiel de l’enfant en pleine construction et de l’adulte en devenir. Le premier exemple significatif est incarné par le jeu, activité spontanée investie dès le plus jeune âge.
Progressivement, par une diversification et une augmentation de l’offre, l’enfant va accroître ses potentialités dans les différents domaines de développement (perceptifs, moteurs, cognitifs) tout en se confrontant à des situations favorisant sa socialisation, son intégration. Au-delà des principes et de l’intérêt pour la personne, la spécificité du public avec autisme impose une réalité bien plus complexe et paradoxale.
Pour lui, le temps informel, libre, qui est normalement dévolu aux activités récréatives, est paradoxalement le moins sécurisant, le moins ludique, éducatif, voire le plus enfermant dans son handicap. En effet, l’autisme induit des centres d’intérêts restreints et stéréotypés, une difficulté particulière à faire des choix, prendre des initiatives, expérimenter de nouvelles activités et occuper ses temps libres de manière adaptée. Sur ces temps on constate souvent une recrudescence des comportements inadaptés voire problématiques.
Pour la personne autiste, le temps de loisirs est un besoin fondamental qui doit faire l’objet d’un apprentissage spécifique étayé (adaptations, accompagnement). La « Stratégie nationale pour l’Autisme au sein des troubles du neuro-développement » considère également les loisirs comme un aspect important de développement de la personne. Par conséquent, il est nécessaire d’étayer les pratiques et de formaliser les démarches que les loisirs s’exercent en milieu protégé ou inclusif. La considération du fonctionnement cérébral différent, la structuration visuelle, le recours aux renforçateurs, le travail sur la généralisation, la gestion du temps… doivent être considérées et mises en place afin d’encourager la personne à se saisir de ces temps par la suite.